Le terrible nouveau monde de Macron

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On nous promettait un nouveau monde et hélas nous l’avons. Depuis les dernières élections, le Président Macron et sa majorité de La République en Marche (LREM) nous propose une société fracturée en deux camps. Pour prendre des termes anglais, code inéluctable de la dialectique jupitérienne, il y a d’un côté les « insiders », de l’autre les « outsiders », soit en gros les gagnants et les perdants.

Anti-social, Macron perd son sang-froid

Le candidat avait donné le ton en lançant à un ouvrier qui fait les trois huit « Vous n’allez pas me faire peur avec votre t-shirt, la meilleure façon de se payer un costard c’est de travailler ». Ce mépris social a été la marque de fabrique des ordonnances visant à casser le Code du Travail.

Ce même aspirant à la fonction suprême, avant de faire de la cause de l’égalité Femmes-Hommes une priorité, laissait entrevoir une vision misogyne sans nuance : « Il y a dans cette société une majorité de femmes. Il y en a qui sont, pour beaucoup, illettrées ». Cette sortie avait valu à l’ancien ministre de l’Economie d’être traité de « connard » par celui qui est devenu son obligé en trahissant à son tour la Gauche, Olivier Dussopt.

L’indécence des godillots

Les députés godillots de cette majorité docile ne sont pas en reste, se permettant des propos scandaleux, dignes d’une oligarchie en complète rupture avec les réalités.

Le Député Alain Tourret, outré de devoir justifier ses frais de mandat, contestait cette louable vérification dans l’outrance : « Faudra-t-il aller au MacDo pour ne pas voir sa facture rejetée » ou « démontrer kilomètre par kilomètre où vous êtes allé » ?  Au regard des moyens financiers alloués aux membres de l’Assemblée Nationale, cette tirade digne d’Harpagon est complètement déplacée.

La République en Marche, une grande famille

Afin de contourner la loi de moralisation de la vie publique et de faire perdurer la préférence familiale, certains députés marcheurs ont embauché les enfants de leurs collègues.

Ainsi le député de Moselle Christophe Arend a engagé la fille de sa collègue mosellane Nicole Trisse et le parlementaire de la Manche Bertand Sorre emploie la fille de l’élu héraultais Patrick Vignal. Faites ce que je vote, pas ce que je fais …

C’est l’Assemblée ou Germinal ?

Se plaignant de la cadence de travail, certains députés y vont de leurs complaintes, à l’instar du député François-Michel Lambert « On est parti pour un nombre de divorce sans précédent » ou la députée de la Drôme Mireille Clapot qui a tweeté « Ironie de parler de prévention santé à 1h30 du matin : 5h de sommeil pendant plusieurs nuits d’affilé c’est nuisible à la santé des députés. François de Rugy, Agnès Busyn, à quand des horaires humains » ? A quand un stage ouvrier pour ses enfants gâtés ?

Aux sorties de Fabien Gouttefarde « Mon fils de 6 ans a demandé pour Noël un chronomètre pour mesurer le temps que je passe avec lui » ou Amélie de Montchalin qui réclame le remboursement de 450 euros de babysitting, une députée Les Républicains, Virginie Duby-Muller, répond justement : « Le rythme ne change pas de la mandature précédente. On a voulu être député, on savait ce qui allait nous attendre ».

Forcés de manger des pâtes, privés de Porsche !

Les palmes de l’indécence reviennent respectivement à ses deux punchlines :

  • D’abord le mythique « Je vais moins souvent au restaurant, je mange pas mal de pâtes, j’ai ressorti des vêtements de la cave et je vais devoir déménager. Pour certains, la question de tenir jusqu’au bout va se poser ».
  • Et la dernière en date : « Avec mon mari, on aime les belles bagnoles. Il voulait justement remplacer son Santa Fe de 12 ans d’âge par une Porsche Cayenne, je lui ai dit de ne pas le faire, sinon j’entends déjà les réflexions, il y aura toujours des gens malveillants. C’est terrible en même temps ».

Quand on constate l’activité réelle des gémiards et des pleureuses de La République en Marche, comme l’a présentée Capital.fr, on a de quoi trouver tout cela « terrible ».

« Terrible », le mot est dit.

Ces gens ont précarisé les salariés en votant les ordonnances ou en étduiant la désindexation du SMIC.

Ils ont limité l’accès aux soins des plus pauvres en retardant la mise en place du tiers-pays. Ils préfèrent soigner les intérêts des lobbys agricoles et de la chimie plutôt que d’interdire sans délai des pesticides reconnus impropres à la consommation.

Ils ont offert une prime à la spéculation à travers la réforme de l’impôt sur la fortune et l’adoption de la flat-tax concernant les assurances-vie tout en taxant le travail avec la hausse de la CSG.

Ils stigmtisent les migrants et les réfugiés, remettant en cause l’incondiationnalité de l’accueil ou la tradition d’hospitalité de notre pays.

Ils se préparent à détricoter la formation professionnelle en passant en force devant les syndicats dont la parole n’est pas écouté, comme lorsqu’ils ont mis à mal le Code du Travail.

Du « Nouveau monde » au Roi-Soleil

Il doit y avoir beaucoup de déçus. Toutes celles et tous ceux qui aspiraient à une Démocratie renforcée constatent une hyperprésidentialisation et une caporalisation, pour ne pas dire marginalisation du Parlement.

Celles et ceux qui aspiraient à une plus juste répartition des richesses regrettent la politique pour les riches assumée par le pouvoir.

A défaut d’un nouveau monde, nous voilà revenus au XIXème siècle ou même avant l’abolition des privilèges. Dans le symbole, le weekend d’Emmanuel Macron au château de Chambord prend toute sa portée : le jupitérien qui réussit d’un côté, les français aux fins de mois difficiles de l’autre.

Rassembler la Gauche pour construire l’alternative

Rien de neuf dans ce nouveau monde, plus que jamais il appartient à la Gauche de se rassembler dans sa diversité, sans hégémonie ou exclusive. Elle doit proposer d’une voix un projet alternatif à la violence libérale, anti-sociale et sécuritaire de la majorité présidentielle.

Un avenir démocratique, écologique, solidaire et humaniste est possible. Socialistes, membres de Génération.S, écologistes, communistes, insoumis, progressistes, rassemblons-nous par convictions et par devoir. La souffrance des classes populaires et des classes moyennes nous y oblige.

 

 

 

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