Macron : mépris et violence

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Emmanuel Macron développe une conception manichéenne de la société : il oppose « insiders » et « outsiders », ceux qui réussissent -selon ses critères- à tous les autres. Cette société qu’il nous prépare ne sera ni solidaire, ni inclusive, mais tout au contraire bâtie sur le mépris de classe et l’apartheid social.

Mépris social et violence verbale

En s’autoproclamant « jupitérien », le Président de la République met en scène son projet, tentant d’incarner un leader autoritaire qui distribue les bons points à la classe dominante et qui frappe sans retenue ces salauds de pauvres « illettrés », « fainéants », « cyniques », qui ne peuvent pas se payer « un costard » et qui viennent « foutre le bordel ».

La violence des mots de l’ex-banquier d’affaires est à la hauteur du mépris de classe dont est empreinte toute sa politique. Le « nouveau monde » de Macron, c’est plutôt Milton Friedman et Léon Walras avec des gants de boxe que John Maynard Keynes ou Thomas Piketty dans le souci de l’intérêt général. Les citoyens qui rêvaient d’une Gauche moderne en votant En Marche! ont en fait élu une droite antisociale, réactionnaire et sécuritaire digne du XIXème siècle.

Ainsi, Macron n’a aucun scrupule à favoriser les fortunés et à stigmatiser durement « ceux qui ne sont rien », selon le propos que le locataire de l’Elysée « assume totalement ». A ceux qui ont déjà tout, la réforme de l’ISF et le prélèvement forfaitaire unique (flat-tax), à ceux qui galèrent, la baisse des APL, la mise à mort du compte pénibilité et le CDI de chantier (soit un contrat qui s’arrête au bon vouloir de l’employeur).

Les chômeurs visés depuis longtemps

Après avoir scellé le sort des salariés en précarisant davantage le monde du Travail, voilà que le « Président des riches » (selon la juste formule insoumise) et ses obligés font des chômeurs la prochaine cible de leurs réformes.

On se rappelle toutes et tous de la sortie infâme de Christophe Castaner, alors porte-parole du gouvernement, qui accusait les privés d’emploi de « toucher les allocations pour partir deux ans en vacances ». Ce n’était pas une bourde, mais l’expression brute et brutale d’intensions réfléchies bien en amont.

Dans un mail du 29 novembre 2016 qu’Alexis Kolher, aujourd’hui secrétaire général de l’Elysée, adressait à Ismaël Emelien, actuel conseiller spécial du Président, les macronistes s’interrogeaient ainsi : « l’essentiel est de savoir si les français sont effectivement convaincus que mieux vaut des travailleurs pauvres que des chômeurs bien indemnisés ».  Visiblement, à En Marche!, ils avaient déjà choisi leur camp.

Après la chasse aux chômeurs, la casse du chômage

D’ailleurs, leur souhait de détricotage de l’assurance-chômage va bien au-delà de la stigmatisation du chômeur assimilé à un fainéant et à un fraudeur en puissance.

La casse a commencé avec la suppression des cotisations chômage de nos feuilles de paie, une façon de supprimer une part de salaire différé tout en faisant de l’Etat le principal financeur donc le principal décideur.

Sarkozy, Fillon et Wauquiez en ont rêvé, Macron le fait !

Diviser pour mieux casser

La majorité met en avant la possibilité de permettre aux démissionnaires et aux indépendants de bénéficier du chômage. Ce stratagème vise à opposer les privés d’activité professionnelle entre eux, et surtout à justifier l’intensification des contrôles par la nécessité de faire face à une augmentation substancielle du nombre de personnes à indemniser.

Nous voici arrivés au coeur du cynisme macronien, mais pas à son paroxysme qui sera atteint lorsqu’il s’agira de réduire les montants et la durée d’indemnisation pour faire face à cette hausse du nombre d’allocataires. Sans doute, ce point sera évoqué dans le faux-semblant de négociations qui débutera le 11 janvier prochain.

Dialogue soc…, non ! Dialogue avec le MEDEF, oui !

Comme d’habitude depuis les ordonnances, puis pour la réforme de la formation professionnelle, des fuites organisées sur les intentions du pouvoir paraissent et limitent le débat à la contribution du MEDEF, la parole des syndicats étant purement et simplement ignorée.

Renoncer à 3,42 milliards d’euros de fraude fiscale

pour viser moins de 695 millions d’allocations

Pour revenir au renforcement du contrôle, on peut bien évidemment être d’accord avec le principe que toute fraude doit être sanctionnée. Cependant, la priorité est-elle à récupérer des sommes dérisoires sur le chômage quand l’évasion fiscale grève cent fois plus le budget de l’Etat ?

Les chômeurs sont pour La République en Marche (ou Crève) plus subversifs que les GAFA (Google, Apple, Facebook, Amazon) qui érigent l’optimisation fiscale en norme économique.

3,42 milliards d’euros de fraude fiscale chaque année et le Ministère des Finances ferme les bureaux de régularisation qui avaient permis de recouvrer 7,8 milliards d’euros. En même temps, on vise les chômeurs alors que la fraude à Pôle Emploi cumulée à celle de la Sécurité sociale s’approche péniblement des 695 millions d’euros.

Deux poids, deux mesures …

Où conduisent le mépris et la violence ?

Le mépris social et la violence des réformes ont définitivement mis Sarkozy à la porte en 2012, Macron devrait se méfier. Il nous reste à faire qu’en 2022, l’alternative à « Emmanuel Tout-Puissant » soit démocratique, solidaire, écologiste et humaniste. En attendant, la misère et la colère fleurissent et c’est inacceptable.

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