Asile-Immigration : Collomb, ça suffit !

1930872_800857396772737_7997986516583221449_n

Concernant les réfugiés, il n’existe pas un bon Docteur Macron et un mauvais Mister Collomb, comme seraient une face accueillante et une face répressive au coeur l’exécutif en matière d’asile et de migration. On pouvait encore le penser à l’été 2017, depuis les choses sont hélas beaucoup plus claires, … enfin plus sombres.

Humanisme électoral et pratique ultra-sécuritaire

Pourtant, il y a un peu plus d’un an, le 2 janvier 2017, le candidat Macron écrivait dans les colonnes du journal Le Monde : « La chancelière Merkel et la société allemande dans son ensemble ont été à la hauteur de nos valeurs communes; elles ont sauvé notre dignité collective en accueillant des réfugiés en détresse ». Poudre aux yeux pour naïfs victimes de la démagogie du soit disant « nouveau monde ».

Visiblement, la posture humaniste et hospitalière n’a pratiquement duré que le temps de la campagne électorale, les valeurs de la droite dure ne s’affirmant visiblement pas que dans la politique économique du gouvernement, mais aussi par un sécuritarisme exacerbé dans lequel on peut aisément apercevoir quelques relents d’un autre temps dont l’utilité est de rallier à la majorité les xénophobes et les réactionnaires.

« La fermeté sans l’humanité »

Le projet de loi « Asile-Immigration » porté par le ministre de l’Intérieur Gérard Collomb et qui dérange jusque dans les rangs des députés-godillots de La République en Marche, se situe dans la lignée de son premier déplacement à Calais où Libération avait ainsi qualifié les intentions de Gérard Collomb vis-à-vis des réfugiés et dess migrants : « La fermeté sans l’humanité ».  Le Front National applaudit sans réserve et les durs des Républicains encouragent à l’instar des votes de la majorité sénatoriale de droite.

Dès le mois de juillet 2017, le Défenseur des Droits, Jacques Toubon, homme dont le parcours est loin d’être celui d’un gauchiste, s’inquiétait ouvertement de la dérive inhumaine assumée avec zèle et détermination par Gérard Collomb avec l’approbation lâche et silencieuse du prétendu président jupitérien.

Des associations exemplaires, un pouvoir aveugle et sourd

Depuis les associations ont fait le job : alerter l’opinion concernant les circulaires édictées par le premier flic de France, claquer la porte du Ministère de l’Intérieur devant l’absence de dialogue et d’humanité, tout en continuant à oeuvrer auprès de celles et ceux qui ont tout quitté, pressés par la guerre, la barbarie et la misère.

Finie depuis longtemps l’imposture du gentil président et du méchant ministre, la ligne dure est donc la seule voie pour l’Elysée et la place Beauvau. Les objectifs sont clairs : accélerer les expulsions et mettre l’accueil au second plan en le conditonnant au passage à des pratiques de fichages rappelant les heures les plus sombres de la Collaboration.

Des brigades volantes ou la Milice ?

En déployant des équipes mobiles composées d’agents des préfectures et de l’Office français de l’immigration et de l’intégration, accompagnés de la Police Nationale, la volonté du tandem Macron-Collomb est de remettre clairement en cause l’inconditionnalité de l’hébergement d’urgence et d’ouvrir une chasse aux étrangers. Rappelez-vous les exactions commises par les forces de l’ordre lassérant des sacs de couchage et des tentes pour ne pas que des camps de fortune ne se reforment. On passe à la vitesse supérieure en mettant la pression sur les structures d’accueil.

Selon les associations humanitaires, les mesures prises et/ou souhaitées par Gérard Collomb détournent « l’hébergement d’urgence et les lieux d’accueil de leur finalité » en permettant un véritable tri des étrangers, qui constitue « une atteinte aux droits fondamentaux des personnes étrangères ». Les réfugiés et migrants chassés des camps n’ont pas tous bénéficié de solutions d’accueil contrairement aux allégations de Gérard Collomb : les camps de fortune, les squatts, le 115, la peur des uniformes, triste quotidien pour des personnes qui attendent simplement que leurs situations soient étudiées. Pour les autres, la crainte de futures rafles dans les foyers.

Un parallèle évident avec Vichy

Le philosophe Patick Weil a bien cerné l’action du pouvoir en place : « Aucun gouvernement depuis la Seconde guerre mondiale n’avait osé aller jusque-là », « On a un principe, qui nous vient peut-être de nos traditions chrétiennes : un enfant, on ne lui demande pas ses papiers quand on l’accueille à l’école, un malade, on ne lui demande pas ses papiers quand il a besoin d’être soigné à l’entrée de l’hôpital, et quelqu’un qui n’a pas de quoi se loger, on ne lui demande pas ses papiers à l’entrée d’un centre d’hébergement d’urgence. Monsieur Macron et Monsieur Collomb ont violé ce principe ».

Dans le même sens, le médecin Raphaël Pitti a rendu sa Légion d’honneur obtenue début décembre pour protester contre les conditions d’accueil des migrants en France. A juste titre, il estime « indignes des valeurs de la République française » les mesures gouvernementales que seules la droite dure et l’extrême droite applaudissent et qui font fortement tousser dans les rangs des centristes et des marcheurs. La Gauche, elle, est vent debout pour défendre les traditions hospitalières et humanistes du pays des Droits de l’Homme.

Raphaël Pitti a même enfoncé le clou : « Dès lors qu’on fait appel aux associations humanitaires dont la mission essentielle est de porter assistance et qu’on leur demande de dénoncer les personnes en situation irrégulière qui sont dans les centres d’hébergement, on est déjà dans la délation ». Délation, le mot est lâché, un mot lourd de sens et aux sulfureuses connotations. Et l’exécutif s’entête, durcit davantage son discours et ses actes.

Retrait du projet, des circulaires et du ministre

Aujourd’hui, la seule sortie par le haut envisageable est le retrait du projet de loi « Asile-Immigration » et des circulaires, la démission de Gérard Collomb, le déploiement de moyens humains et financiers supplémentaires pour l’accueil des personnes et le traitement des demandes d’asile, la création d’un visa humanitaire et d’un statut de réfugié climatique.

Gérard Collomb, vous avez foulé du pied les valeurs humanistes de la patrie des Lumières. Par votre fermeté aveugle, vous préparez le terrain aux Wauquiez, Le Pen et consorts. Depuis longtemps, vous avez franchi la ligne rouge de l’inacceptable et nous saurons le rappeler aux Lyonnaises et aux Lyonnais si vous tentez de revenir dans votre ancienne baronnie. Un peu de fierté que diable, démissionnez ! Parce que là sincèrement, ça suffit !

 

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s