Je suis toujours Charlie, et vous ?

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Vous rappelez-vous ce que vous faisiez il y a cinq ans, le 7 janvier 2015, quand vous avez appris l’attentat de Charlie Hebdo ?

Pour ma part, j’étais au travail et j’ai entendu un collègue, dont le bureau faisait face au mien dans l’openspace, devenir livide en m’annonçant d’un ton grave : « Il y a eu un attentat à Charlie Hebdo. Il y a des morts ».

Nous avions suivi le déroulé du drame jusqu’au sortir du bureau dans un silence pesant entrecoupé des appels d’assurés. Un logo barré d’un ruban noir avait été apposé sur le site internet de l’entreprise.

Le soir, j’étais présent au rassemblement local organisé par le club de la presse de Lyon. Dans une main, j’avais un crayon, dans l’autre mon briquet : le crayon pour symboliser la liberté d’expression, la flamme du briquet pour représenter l’espoir.

Face à l’horreur, je découvrais des lyonnais meurtris qui venaient rendre hommage aux victimes, dénoncer la barbarie et témoigner de leur détermination à rester debout, tout ça dans une exceptionnelle communion laïque.

Je me rappelle de cette concorde républicaine de plusieurs semaines qui investissait toute la société, au-delà des frontières, des discussions en famille aux sourires échangés dans la rue avec des inconnus dans les manifestations. Ils étaient fiers ces cortèges qui mêlaient les affiches noires et grises « Je suis Charlie » aux drapeaux tricolores.

Rassemblés dans l’épreuve, les citoyens de toutes obédiences philosophiques, religieuses, politiques répondaient à la haine avec ferveur en notre communauté de destin et avec une dignité qui force encore à cet instant le respect.

Aujourd’hui, si je pense principalement aux victimes car l’heure est légitimement aux hommages et au recueillement, je n’oublie pas le reste.

La bêtise de ceux qui proclamaient ne pas être Charlie par provocation plus que par conviction me reste toujours en travers de la gorge.

Les errements du pouvoir concernant la déchéance de nationalité, je ne les pardonnerai jamais. J’avais écrit ça à ce sujet (cliquez sur la phrase pour lire).

Aujourd’hui, Zemmour est quotidienne à la télé, Dieudonné remplit des salles de spectacles, Marion Maréchal-Le Pen dirige une école, la politique violente et austéritaire de Macron pousse des citoyens dans les bras du Rassemblement National et Marine Le Pen se frotte les mains.

Face à cette bande organisée contre les principes républicains et démocratiques, certains ont baissé les bras. Moi non, je suis toujours Charlie, et vous ?

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