Demain, la vie …

Nous voilà confronté•e•s à une crise sanitaire inédite et nous découvrons le monde au ralenti, notre pays presque à l’arrêt. Confinés ou mobilisés, nous abordons l’avenir au jour le jour, dans l’attente ou dans l’action, selon que nous soyons cloîtrés chez nous ou sur le front contre l’épidémie.

Les angoisses et les doutes sont partagés par la plupart d’entre-nous car, au-delà de la théorie, nous n’avons pas l’expérience d’avoir relevé ensemble un défi aussi vital. Non préparés à un tel cataclysme potentiel, nous pourrons ensemble dans la raison dépasser nos appréhensions légitimes. C’est l’occasion de montrer le vrai visage réfléchi, solidaire, responsable et généreux de notre société si souvent instinctive (au sens des bas-instincts), individualiste et égoïste.

A l’heure du confinement, je pense d’abord aux sans-abris et aux mal-logés, constatant que les premiers sont déjà verbalisés par les émissaires mandatés de Castaner (comme le sont les privilégiés irresponsables et dubitatifs face au message brouillé du gouvernement et aux consignes à respecter, j’y reviendrai plus tard) et les seconds oubliés par Macron. Si les mal-logés disposent au moins d’un toit, n’oublions pas que la situation actuelle accroît les inégalités sociales qu’ils subissent déjà en temps normal. C’est le lot des plus démunis aujourd’hui de vivre des journées particulièrement difficiles en termes alimentaire, éducatif, social, … etc.

Les soignants mobilisés à l’hôpital public comme en médecine de ville sont exemplaires malgré des moyens dérisoires. Depuis son arrivée au pouvoir, Jupiter a sabré plus d’1,7 milliard d’euros à la Santé publique. Les louanges de son intervention n’endorment pas les frustrations, les colères des blouses blanches, des patients et de leurs familles. Travailler dans des dispositifs insuffisants et inopérants en cas d’explosion du nombre de malades gravement atteints constitue l’épée de Damoclès que Macron fait peser sur nos héros du quotidien. Confrontés directement au virus, aide-soignant•e•s, infirmier•e•s, cadres de santé, internes et médecins font des journées encore plus longues et plus intenses que d’habitude, nous ne pourrons jamais assez les remercier d’assumer aussi dignement leur vocation. Merci aussi à celles et ceux qui composent la réserve sanitaire qui sera sans doute mobilisée prochainement.

Comment ne pas aussi saluer les ambulanciers, les routiers, les livreurs, les salariés de commerces alimentaires, les buralistes, les pompiers, les éboueurs, les policiers, les gendarmes, l’ensemble des agents du service public (et ceux que j’oublie) qui permettent de gérer a minima nos contingences limitées par le cloisonnement ?

Une fois cela exprimé, nous pouvons sereinement revenir sur des incohérences au plus haut sommet de l’État. Fin janvier, Mme Buzyn quittait son ministère en pleine crise de l’Hôpital Public et au début d’une épidémie d’une nature jamais rencontrée dans l’hexagone pour servir les intérêts de sa famille politique préférés à l’intérêt général. A l’époque, tout allait bien se passer officiellement, pourtant aujourd’hui elle affirme les yeux rougis (de larmes ou de honte) avoir alerté qui de droit de gravité exceptionnelle de la situation.

Début mars, Emmanuel et Brigitte Macron allaient au théâtre et le locataire de l’Elysée nous invitait à ne pas sombrer dans la psychose en vivant normalement. La même semaine, le Premier ministre Édouard Philippe jouait avec notre attachement à la Démocratie en nous exhortant à voter le 15 mars, malgré la réticence explicite de nombreux spécialistes du corps médical. Tout ça pour reporter le deuxième tour à la fin du printemps. Cerise sur le gâteau, Emmanuel Macron confine le pays et tente la même semaine de forcer les français à aller travailler, histoire de ralentir ce qui est prioritaire, – l’épidémie ? Non. – la récession ! Et comme toujours en bonne élève, la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, ne s’est pas gênée pour dire à mots à peine voilés combien elle jugeait que les travailleurs français étaient des tire-au-flanc !

Vivre normalement sans danger ou prendre ses précautions confinés ? Privilégier sa santé ou l’économie du pays ? La Macronie n’a pas su adopter un discours suffisamment cohérent pour éviter qu’une minorité significative ne suivent pas les précautions minimales. Il s’agit d’un échec lourd de conséquences sanitaires et politiques. Le temps viendra d’évaluer l’action de l’Etat, les responsabilités des uns et des autres. D’ores et déjà, un collectif de soignants compte saisir la Haute Cour de Justice de la République.

Pour revenir à l’essentiel, il nous reste plusieurs semaines avant de dépasser le pic épidémique. En attendant et jusqu’à nouvel ordre, s’il vous plaît, prenez soin de vous et des autres : restez chez vous tant que possible afin de faciliter le travail des personnes mobilisées et surtout pour mettre rapidement un terme à ce cauchemar qui nous marquera collectivement à jamais.

Chez vous, dans le temps long que l’on redécouvre, peut-être pouvez-vous partager mon exercice intellectuel du moment ? Il s’agit d’inventer le monde d’après, ce premier jour du reste de notre vie, toutes et tous à nouveau ensemble. La crise nous ouvre les yeux sur des risques sanitaires, écologiques, sociaux, démocratiques et économiques, sur les inégalités. Demain doit être différent d’aujourd’hui. Si nous bâtissons ensemble une démocratie écologique, solidaire et humaniste, nous relégueront uni•e•s le libéralisme prédateur, autoritaire et pro-carbone dans les limbes de la veille et nous apprécierons dès demain la vie tout simplement, dès demain la vie !

Une réflexion sur “Demain, la vie …

  1. Je ne sais pas si il est de bon ton de citer ici le Figaro Eco, mais l’information qui y est relatée elle, n’est pas orientée.
    Je relisais comme çà de bon matin, ce samedi, ton billet élégamment intitulé « Demain, la vie… » , puisque çà y’est nous voici en route pour ce « demain »dont tu parles .
    La conclusion de ton billet pleine d’espoir avec un brun d’emphase sur l’utopie politique que tu prônes; « Demain doit être différent d’aujourd’hui. Si nous bâtissons ensemble une démocratie écologique, solidaire et humaniste, nous relégueront uni•e•s le libéralisme prédateur, autoritaire et pro-carbone dans les limbes de la veille et nous apprécierons dès demain la vie tout simplement, dès demain la vie ! »
    Et bien je l’aime bien ta conclusion, tu vois, je partage ce sentiment. Nous avons subis une crise, et bien profitons de ce redémarrage pour redémarrer autrement et tant qu’à faire dans le bon sens.
    Et ce matin voici ce que je lis:
    https://www.lefigaro.fr/social/c-est-de-l-incivisme-les-eboueurs-exasperes-par-les-masques-jetes-par-terre-20200515
    J’ignore si le lien que je partage fonctionne. En tous les cas il est questions de l’incivisme caractéristique voir même légendaire des français ici à Paris et Lyon, qui sans aucunes gênes remplissent nos rues de masques usagés au grand dam de nos agents d’entretiens qui ont oeuvré tout le confinement avec parfois des « merci » scotchés aux poubelles, et qui se voient de nouveau méprisés depuis que la horde de dé confinés a été libérée.
    C’est juste un exemple mais qui résonne pour ma part comme une fatalité avec de tels comportement.
    Pas la peine d’en faire des tonnes me diras tu, mais souviens toi de tes espoirs que tu écrivais, à peine une semaine après la fin de ce confinement que les us et coutumes égoïstes reprennent leurs droits. On est loin de la démocratie écologique, solidaire et humaniste que tu souhaites, et que moi aussi, mon ami, j’appelle de tous mon cœur.

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