Récusons le monde d’hier

Depuis plusieurs jours, le ministre de l’Economie et des Finances ainsi que le président du MEDEF font le tour des médias pour annoncer aux citoyennes et aux citoyens qu’il faudra non seulement se serrer la ceinture le jour d’après, mais également suer sang et eau pour sauver les entreprises et l’Etat. Assistons-nous à l’échauffement avant le show de Jupiter ? C’est fort possible.

Leur discours est simple : la crise économique, ça n’est pas gratuit. Quand il a fallu « sauver » les banques en 2008, il y avait assez d’argent magique, cet argent que nous avons remboursés par notre travail alors que la spéculation a été épargnée de tout effort. A l’époque une banque stigmatisée pour des investissements discutables, en plus de sa politique pro-carbone, avait présenté des bénéfices records dès l’année suivante ! Ils tentent de nous refaire la même, en pire, avec des conséquences lourdes sur nos acquis démocratiques, sociaux et environnementaux.

Très timoré sur le reversement des dividendes aux actionnaires dans les grandes entreprises tricolores dont beaucoup ont ouvert le banquet à leurs grassouillets dirigeants, Bruno Le Maire s’est rapidement exprimé sur la question en conférence de presse et a timidement publié un tweet appelant les financiers à raisonnables. Même pas crédible, c’est open-bar pour le patronat !

En même temps (expression de circonstance), il a participé à la rédaction des ordonnances visant à remettre en cause la durée hebdomadaire du temps de travail, le repos dominical, le droit aux congés payés et aux RTT. Constatons qu’il respecte le dogme antisocial de la République en Marche à la lettre et qu’il pourrait même réussir à piquer la place de premier de la classe à Jean-Michel Blanquer.

Dans la même veine ultralibérale, profitant de l’aubaine des orientations gouvernementales, Geoffroy Roux de Bézieux, le patron des patrons, soumet l’idée de proroger les mesures restreignant le droit du Travail pour faire payer durablement aux travailleurs les conséquences économiques de la crise sanitaire. En gros, ce n’est pas votre faute, mais on ne paiera pas ni vous ni pour nous, alors passez directement à la caisse.

De son côté, Muriel Pénicaud, la ministre (de la casse) du Travail, prévient que le chômage partiel ne durera pas éternellement, une façon soit de préparer les salariés à une baisse des indemnités synonyme de nouvelle baisse des revenus des foyers, soit de forcer une reprise précoce de l’activité au détriment de la sécurité sanitaire.

Peu de doute sur le fait qu’Emmanuel Macron annoncera une prolongation conséquente du confinement, mais osera-t-il présenter aux français le début de l’addition qu’il souhaite faire payer aux ménages plutôt qu’aux entreprises, privilégiant la lutte contre la récession à la lutte contre une crise sociale sans précédent ?

Les lendemains que nous préparent le locataire de l’Elysée et ses obligés, tous asservis à la loi du profit (réservé aux plus riches parmi les plus riches), ce sont des jours comme ceux décrits par Emile Zola dans « Germinal » ou Charles Dickens dans « Oliver Twist ».

Pour cette oligarchie au service du capital, les intérêts de l’argent priment sur l’intérêt général, la cohésion sociale et le vivre-ensemble. En remettant un sévère coup de clé à molette idéologique, ils espèrent resserrer suffisamment les écrous pour que l’ultralibéralisme moribond survive à nos espoirs d’une vie meilleure.

Ils espèrent nous resservir les plats périmés du XIXème et de sa révolution industrielle, alors que nous aspirons plus que jamais à l’émancipation, à de nouveaux droits écologiques, à de nouvelles conquêtes sociales et démocratiques.

Ne les laissons pas nous enfermer dans le monde d’hier ou d’avant-hier. Leur règne fragile sent la cendre car nous sommes nombreuses et nombreux prêt•e•s à le contester, à refuser de le regarder planter les clous un à un sur le cercueil de nos rêves.

Nos ambitions collectives, soucieuses de l’Humanité et de la planète, ne seront pas piétinées par la loi du fric et ses mercenaires, pour peu que nous soyons déterminé•e•s et unis. Notre avenir ensemble est aux antipodes du passé auquel ils s’accrochent, aussi c’est rassemblé•e•s qu’il que nous récusons de plus belle le monde d’hier !

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