C’est un peu court

Au regard des retards à l’allumage, des injonctions contradictoires, des errements et des erreurs que nous avons tous constatés, nous étions en droit d’attendre du Président de la République des explications et des excuses et pourquoi pas une feuille de route crédible ?

Au lieu de cela, nous avons entendu un discours occultant une pourtant nécessaire profonde remise en cause de l’impréparation et de l’action de l’État, un propos rôdé sur la forme mais vacillant sur le fond, des mots euphémisants face à la gravité de la crise et aux manquements commis par le gouvernement, des mesures impensables et des promesses sans contours.

Sur le constat, force est de reconnaître qu’Emmanuel Macron a reconnu la pénurie de masques, occultant toutes les autres protections dont manquent les soignants, la façon dont les EHPAD ont été si longtemps privés du minimum nécessaire. Il promet la génération de masques « grand public » dont l’efficacité placebo n’apportera qu’une sécurité virtuelle dans les têtes afin de faciliter le retour au travail de salariés considérés comme de la chair à canon car l’efficacité de ces gadgets liée à la pénurie de gel hydroalcoolique ne fera que relancer l’épidémie.

En terme de propositions, nous pouvons saluer le prolongement du confinement car nous n’avons aujourd’hui pas d’autres solutions, faute de dépistage systématique de la population ou de vaccin. Le manque de tests nous en empêche aujourd’hui d’avancer et continuera à nous pénaliser demain puisque la politique de dépistage à venir ne visant que les personnes symptomatiques risque de nous conduire à une longue alternance de périodes de confinement et de déconfinement.

Le choix irresponsable de décréter le retour à l’école, au collège et au lycée des élèves le 11 mai fait courir à l’ensemble du pays un risque accru de recrudescence rapide du nombre de malades courant mai. Et ce n’est pas l’engagement peu crédible de doubler à nouveau les lits en réanimation d’ici-là qui atténue le danger.

Le silence du locataire de l’Elysée sur les propos de son ministre de l’Economie et de la secrétaire d’État déléguée au même domaine illustre sa duplicité. Il a vaguement évoqué des aides hypothétiques pour les plus pauvres, mais, « en même temps », il n’a pas condamné les mots de ceux qui veulent faire payer la crise au prix du sang, de la sueur et des larmes des classes moyennes et populaires.

En conclusion, Macron n’a été ni rassurant, ni responsable, ni crédible. Pire encore, les mesures qu’il compte mettre en place sont au mieux complètement floues et au pire très discutables. Avec son gouvernement et sa majorité-godillot, il a les pleins pouvoirs pour faire à sa guise pour le moment. Mais le temps de rendre des comptes arrivera et il ne sera pas possible d’édulcorer un bilan aussi calamiteux.

Certains ont évoqué à juste titre Tartuffe pour qualifier la prestation de Jupiter hier à 20 heures, j’y ajoute les mots de Cyrano de Bergerac : « C’est un peu court », hélas …

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