De la couleur du péril

La campagne électorale de Gérard Collomb a été à l’image du personnage : anachronique et obsolète. Elle nous livre un interminable spectacle comme une mauvaise pièce de boulevard sur le goût de cendres d’une sordide fin de règne.

A se prendre pour un maire-bâtisseur au-delà du raisonnable, l’actuel locataire de l’hôtel de ville a singé les velléités bétonnières de son lointain prédécesseur Louis Pradel, alors que nous abordons ce que beaucoup qualifient à juste titre de « dernier mandat pour le climat ».

Pro-béton pour ses amis du BTP, pro-carbone par routine, l’ex-premier flic de France s’est arc-bouté sur son projet d’anneau des sciences jusqu’à ce qu’il soit lâché seul en rase campagne par son premier cercle d’obligés s’accaparant les dernières chaloupes du vaisseau Collomb.

Avec son programme digne du début des années soixante-dix, le « Gégé » obsédément « vintage » a tourné le dos aux aspirations contemporaines des gones et des fenottes. A Lyon, comme dans toute bonne pièce de Guignol, il s’est pris un sacré coup de bâton sur le carafon au premier tour des élections municipales et métropolitaines.

Vexé comme un pou, l’élu depuis 43 ans s’est mué en kamikaze ou en capitaine du Titanic, agrémentant son abdication forcée par le verdict sans appel des urnes d’une alliance avec les droites ultra-conservatrices, réactionnaires et maurrassiennes.

Quel bras d’honneur adressé aux lyonnaises et aux lyonnais ! Une injure réitérée pour celles et ceux qui ont vu l’ancien ministre de l’intérieur trahir sans vergogne la Gauche pour le nouveau monde ultralibéral et autoritaire d’Emmanuel Macron.

Et puisqu’il n’y a pas de place pour la mesure ou pour la lucidité dans un tel naufrage, Gérard Collomb a désigné son bouc-émissaire pour s’exonérer de toute responsabilité : le péril vert ! Après les chars soviétiques sur les Champs-Elysées promis par ses nouveaux amis en 1981, voilà les dangereux écolos en vélo à l’assaut de la rue de la République en 2020 !

Propos excessifs, références non sourcées dans des argumentaires dignes de la propagande trumpienne, mails non signés, rien n’est épargné aux écologistes qui ont non seulement obtenu les faveurs des électeurs le 15 mars, mais aussi réussi à réunir les gauches irréconciliables sur la base d’un programme démocratique, écologique et solidaire pour la ville et la métropole de Lyon en vue du deuxième tour.

Rendre la ville aux citoyennes et aux citoyens, protéger le cadre de vie et le climat, inventer de nouvelles solidarités, voilà le prix du pseudo-danger qu’agite Gérard Collomb dans la mauvaise face qui sera le linceul de sa trop longue carrière politique.

Le péril n’est pas vert, et s’il en est un, il est sans doute vermeil en référence à l’âge des idées (dé)passées d’un vieux baron qui s’est vautré dans l’immobilisme par goût du pouvoir quand l’urgence et la responsabilité commandaient un souffle nouveau pour la Démocratie, pour le Climat, pour « l’Humanisme lyonnais ».

Les goûts et les couleurs ne se discutent pas, je l’admets. Pourtant, face au sépia des images du siècle dernier, je préfère le vert de l’espérance. Le 28 juin, par amour de ma ville et de ses habitants, en conscience et en responsabilité, je voterai pour les listes des écologistes et de la gauche rassemblée.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s