Brisons la machine à perdre

Wikipédia – Droits d’auteur : BURLOT

« Nous sommes pour », « Nous sommes contre », « Ni pour, ni contre ». Voilà le pauvre débat qui va secouer la gauche et l’écologie politique cette semaine. Une semaine qui sera, à mes yeux, autant de temps de perdu … La question fondamentale ne me semblant pas être Mélenchon ou pas Mélenchon. Il y a tant à faire afin de renverser la tendance à l’enlisement, à la sclérose, au mutisme, à la transparence des forces de l’écologie, de la solidarité et du progrès démocratique !

Brisons immédiatement la machine à perdre, que diable ! Nous n’avons plus le temps d’attendre et pourtant voilà que chacune et chacun pérore au sujet de la candidature déclarée hier au journal télévisé du soir.

Encore une fois, une fois de trop, l’écologie politique et la gauche se heurteront-elles sur les remparts conservateurs du régime hyperprésidentiel de la 5ème République ou seront-elles réduites à l’impuissance face au mythe de l’homme providentiel que des élites cyniques et des institutions usées entretiennent ?

Depuis plusieurs mois, les appels à l’unité et les tentatives d’associer partisans, intellectuels, syndicalistes, militants et citoyens porteurs d’une alternative de progrès auguraient la possibilité de faire renaître l’espoir, à travers une démarche commune. Ces hirondelles n’ont hélas pas fait le printemps.

L’épidémie de COVID qui va et revient de plus belle, la crise écologique qui s’accélère, les luttes sociales qui se font muettes mais qui sont toujours plus nombreuses, le pouvoir macronien qui foule quotidiennement la Démocratie avec la complicité des parlementaires-godillots et des forces répressives d’état, rien n’a favorisé les échanges de fond sur le moyen ou le long terme, rien n’a permis la structuration d’une grille d’analyse commune, et rien n’a facilité la mise en place d’une méthode de travail inclusive afin de co-construire l’aternative à l’ultralibéralisme pro-carbone, au conservatisme autoritaire et violent, au nationalisme assumé et progressant la fleur au fusil.

Dans un pays mis à mal par les crises sanitaire, sociale, écologique, démocratique et économique, le salut de chacune et chacun, des exclus comme des précaires, des classes populaires comme des victimes du déclassement social, ne se résumera pas à l’aventure d’un seul homme et encore moins sans programme. Ce n’est ni la nature de l’écologie politique, ni la force de la gauche.

A 18 mois de l’élection présidentielle, l’élaboration collective du diagnostic, la co-construction de propositions aussi réalistes qu’ambitieuses, et le mode de désignation de l’incarnation en personne (et pourquoi pas d’un collectif ? D’une dream-team ?) de l’alternative auraient dû faire consensus. Les initiatives en ce sens, plus ou moins ambitieuses, plus ou moins timides, plus ou moins hétéroclites, ont pullulé mais hélas rien de concret n’a vu le jour. Et le temps passe inexorablement.

L’heure tourne, la misère progresse, l’exclusion s’étend et, ensemble, elles laissent quotidiennement des victimes sur le bord de la route … L’écologie politique et la gauche sont en retard, tellement en retard qu’elles en sont devenues inaudibles pour celles et ceux qui perdent espoir chaque jour et qu’il sera compliqué d’inclure dans une dynamique collective tardive. Ces déserteurs légitimes de l’espoir sont pourtant les seuls qui compteront pour bâtir une solide majorité sociale face aux droites et au nationalisme. Mais quand, comment et dans quel cadre ramener à la participation citoyenne celles et ceux pour qui la faim toute la semaine préoccupe plus que la fin du mois ou la fin du monde.

Dans son coin, Jean-Luc Mélenchon a dégainé le premier, fort d’un score en 2017 que les résultats aux élections européennes et municipales ont rendu obsolète, sans émettre une seule proposition durant l’entretien au 20 heures de TF1, sans tendre la main à quiconque puisque renvoyant chacun dos à dos. Mais, dans le désert actuel et en l’absence d’un solide mouvement unitaire, comment lui reprocher d’utiliser les vieilles recettes ? A défaut de regarder passer les trains, il a décidé de remonter dedans pour un troisième périple présidentiel. C’est son choix, choix que j’entends sans pour autant le partager.

Et ne nous leurrons pas ! D’autres vont suivre et participer à leur tour à la confusion immédiate et aux divisions à venir. Les organisations politiques vont, pour certaines, alterner guerres de tranchées et parties de poker menteur. La machine à perdre est-elle inexorablement en marche ? Devons-nous déjà nous résoudre à un second tour Macron-Le Pen avec toutes les conséquences antisociales, liberticides, sécuritaires, pro-carbones et ultralibérales que cela induit ?

Je ne peux m’y résoudre et j’espère que nous sommes légions à refuser la résignation. Le camp des transitions écologiques, solidaires et citoyennes doit se lever uni, se mettre au travail en commun, mobiliser dans une seule et même dynamique les citoyennes et les citoyens pour que la perspective de nouveaux jours heureux devienne enfin une réalité.

Nous n’avons plus le temps d’attendre.

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